Le retour du loup gris (Canis lupus) sur le territoire français, amorcé naturellement au début des années 1990 depuis le versant italien des Alpes, constitue l'un des phénomènes écologiques les plus marquants et les plus controversés de ces trois dernières décennies. Longtemps cantonné au massif alpin, le front de colonisation de l'espèce s'est inexorablement déplacé vers l'ouest, franchissant la vallée du Rhône pour atteindre le Massif Central. Dans cette dynamique d'expansion, le département de l'Ardèche occupe une position stratégique et névralgique. Autrefois zone de passage erratique, l'Ardèche s'est transformée, au cours de la période 2024-2025, en un territoire d'installation active et de prédation persistante, marquant une rupture historique avec les décennies précédentes.
Ce rapport a pour vocation de dresser un état des lieux exhaustif, technique et prospectif de la situation lupine dans le département de l'Ardèche pour les années 2024 et 2025. Il s'appuie sur l'analyse croisée des données de l'Office Français de la Biodiversité (OFB), des bilans de la Direction Départementale des Territoires (DDT), des arrêtés préfectoraux régissant le Plan National d'Actions (PNA) 2024-2029, ainsi que sur les témoignages et revendications des acteurs locaux, qu'ils soient éleveurs, syndicalistes agricoles ou protecteurs de la nature. L'ambition de ce document est de dépasser la simple comptabilité des attaques pour analyser les mécanismes profonds — écologiques, administratifs et sociologiques — qui sous-tendent la "question du loup" en Ardèche aujourd'hui. Nous examinerons comment ce département, caractérisé par un pastoralisme extensif et une topographie tourmentée, devient un laboratoire des difficultés d'application du Plan Loup national face à une réalité de terrain en mutation rapide.
Pour appréhender la situation ardéchoise, il est indispensable de la replacer dans le contexte plus large de la démographie lupine nationale. L'hiver 2024-2025 a marqué une étape de consolidation pour l'espèce en France. Les campagnes de suivi hivernal, coordonnées par le Réseau Loup-Lynx de l'OFB, ont permis d'estimer l'effectif national moyen à 1 082 individus, avec un intervalle de confiance compris entre 989 et 1 187 loups. Cette statistique révèle une stabilisation relative des effectifs par rapport à l'estimation de 2024 qui faisait état de 1 013 individus. Cette stagnation apparente à l'échelle nationale masque en réalité des disparités régionales fortes : alors que la densité atteint un seuil de saturation dans certains noyaux historiques alpins, provoquant une forte compétition territoriale intra-spécifique, la dynamique de dispersion vers les marges de l'aire de répartition s'intensifie.
L'Ardèche, située sur la rive droite du Rhône, agit comme un réceptacle naturel pour ces flux de dispersion. Les individus détectés sur le territoire départemental proviennent majoritairement de deux sources : une pression directe issue de la Drôme et des Alpes, traversant le corridor rhodanien malgré les obstacles anthropiques (autoroute A7, TGV, fleuve), et une pression secondaire issue des départements limitrophes du Massif Central déjà colonisés, notamment la Lozère et la Haute-Loire. L'analyse génétique confirme l'origine italo-alpine de la lignée, caractéristique de la population française, bien que des hybridations ponctuelles ou des origines plus complexes ne soient jamais totalement exclues sans analyse ADN systématique de chaque individu prélevé ou identifié.
La chronique de l'installation du loup en Ardèche s'inscrit dans une accélération notable. Si des indices sporadiques étaient relevés depuis une décennie, c'est véritablement à partir de 2021 que la présence s'est cristallisée, notamment sur le plateau du Coiron, une zone volcanique de moyenne montagne offrant une mosaïque de milieux ouverts et forestiers idéale pour le canidé. L'année 2024 et plus encore l'année 2025 ont confirmé le passage d'une phase de "découverte" à une phase d'installation territoriale.
L'OFB et les services de l'État restent prudents sur la terminologie, distinguant la "Zone de Présence Permanente" (ZPP) constituée de la simple sédentarisation d'individus, de la "meute" reproductrice. Toutefois, les indices accumulés au cours de la période 2024-2025 — observations visuelles simultanées de plusieurs individus, pistes de suivi prolongées, récurrence des attaques sur des zones circonscrites — plaident pour une structuration sociale en cours. Le secteur du Coiron, ainsi que les zones frontalières avec la Lozère (Montselgues, Borée), sont identifiés comme des foyers d'activité intense. Le rapport flash de l'OFB mentionnait déjà en 2022 un animal en phase d'installation sur le plateau des Coirons, et la persistance des dommages dans ce secteur en 2025 suggère que ce territoire est désormais occupé de manière pérenne, potentiellement par un couple ou un noyau familial embryonnaire.
La répartition spatiale du loup en Ardèche n'est pas homogène ; elle épouse la géographie physique et pastorale du département. L'analyse des données de présence et de prédation permet d'identifier trois grands secteurs fonctionnels pour l'espèce en 2025 :
Le Plateau du Coiron : Ce massif basaltique isolé constitue le bastion principal de l'activité lupine en centre-Ardèche. Les communes de Saint-Gineys-en-Coiron, Berzème, Rochessauve et Darbres y subissent une pression constante. La topographie tabulaire, entrecoupée de vallons profonds et boisés, offre des zones de refuge diurne (les "tanières" ou sites de rendez-vous potentiels) à proximité immédiate des zones de pâturage.
La Montagne Ardéchoise Méridionale : Connectée géographiquement au Mont Lozère et aux Cévennes, cette zone (Montselgues, Sainte-Marguerite-Lafigère, Malarce-sur-la-Thines) fonctionne comme une extension du domaine vital des meutes lozériennes ou comme une zone d'accueil pour les dispersants issus de ce département voisin, où la population est déjà bien établie.
Les Corridors de Dispersion Rhodaniens et Nord-Ardéchois : L'année 2025 a révélé une activité surprenante dans des zones de plus basse altitude ou plus septentrionales. Les attaques recensées à Alba-la-Romaine (bas-Vivarais) ou à Peyraud (extrême nord, vallée du Rhône) témoignent de la capacité de l'espèce à traverser des milieux anthropisés et à exploiter des opportunités trophiques loin des bastions montagneux classiques. Ces observations valident l'hypothèse d'une dispersion active le long de l'axe rhodanien, utilisant probablement les ouvrages d'art ou les zones de rétrécissement du fleuve pour passer d'une rive à l'autre.
La mesure de l'impact du loup sur le pastoralisme repose sur le système des constats de dommages établis par les agents de l'OFB. Ces données, bien que contestées par une partie de la profession agricole qui estime qu'elles sous-évaluent la réalité, constituent la base légale de l'indemnisation et du zonage de protection.
L'année 2024 a marqué une intensification nette des dommages, servant de base de référence pour le durcissement des mesures administratives en 2025. Les chiffres officiels consolidés par la Préfecture et la DDT 07 font état de 49 constats d'attaques réalisés sur l'ensemble de l'année 2024. L'analyse qualitative de ces constats révèle la répartition suivante :
Responsabilité du loup non écartée : Sur les 49 constats, 16 dossiers ont conclu à la responsabilité avérée ou probable du loup ("loup non écarté"). Cette classification administrative déclenche l'indemnisation automatique.
Bilan lésionnel : Ces 16 attaques reconnues ont entraîné la mort directe de 42 animaux (principalement des ovins). À ce chiffre s'ajoutent les animaux blessés et les pertes indirectes reconnues ultérieurement.
Cause indéterminée : Un nombre significatif de dossiers, environ une douzaine, a été classé en "cause indéterminée". Cette zone grise statistique est source de tensions majeures, les éleveurs considérant souvent ces cas comme des attaques de loups non prouvées en raison de conditions de constatation difficiles (consommation de la carcasse par des nécrophages, délai d'intervention, pluie effaçant les indices).
La géographie des attaques de 2024 a montré une forte concentration sur deux pôles : le secteur de Privas / Coiron (Rochessauve, Saint-Lager-Bressac) et les hautes terres (Montselgues, Borée).
L'année 2025 n'a pas vu de rémission, bien au contraire. La dynamique de prédation s'est maintenue avec des caractéristiques saisonnières et spatiales préoccupantes. Au 27 octobre 2025, le bilan provisoire permettait déjà de dégager des tendances lourdes, complétées par les événements de fin d'année.
Chronologie et Typologie des Attaques Marquantes de 2025
L'analyse séquentielle des constats de 2025 met en lumière une dispersion de la menace :
Date
Commune
Victimes
Conclusion OFB
Indemnisation
Analyse Contextuelle
Janvier
Saint-Remèze
Équin
Cause indéterminée
Non
Attaque atypique sur grand équidé. Le loup n'est pas exclu scientifiquement mais les preuves manquent pour l'administration.
Janvier
Désaignes
Bovin
Instance / Indet.
En cours
Signale une pression potentielle sur l'élevage bovin, prédominant dans le Haut-Vivarais.
Mars
Alba-la-Romaine
Ovins
Loup non écarté
Oui
Attaque emblématique en plaine viticole, loin des zones de montagne, confirmant la dispersion printanière.
Mars
Malarce-sur-la-Thines
Ovins
Loup écarté
Non
Probable prédation par chiens divagants, rappelant que le loup n'est pas l'unique cause de mortalité.
Avril
Peyraud
Ovins
Loup non écarté
Non (NI)*
*Refus d'indemnisation pour défaut d'identification des animaux (boucles). Cas montrant la rigueur administrative. Localisation extrême nord du 07.
Avril
Savas
Ovins
Cause indéterminée
Oui (CLP)
Application du "Contexte Local de Prédation" (CLP), permettant d'indemniser au bénéfice du doute dans les zones à risque.
Automne
Montselgues
Ovins
Loup non écarté
Oui
Recrudescence classique d'automne liée à la dispersion des jeunes et à la préparation de l'hiver.
Analyse de la Saisonnalité
Les données de 2025 confirment un modèle bimodal de la prédation en Ardèche :
Le Pic Vernal (Mars-Avril) : Cette période correspond à la sortie de l'hiver, où les besoins énergétiques des prédateurs sont élevés (fin de gestation pour les femelles) et où les troupeaux entament leur sortie au pâturage. Les attaques d'Alba-la-Romaine et Peyraud s'inscrivent dans cette phase de mobilité accrue.
Le Pic Automnal (Septembre-Novembre) : Historiquement le plus dommageable. Il correspond à l'apprentissage de la chasse par les subadultes et à la dispersion des jeunes de l'année précédente. Les attaques récurrentes sur Montselgues en fin d'année illustrent cette pression structurelle.
Si les ovins demeurent la cible préférentielle (plus de 90 % des victimes indemnisées), l'année 2025 voit émerger une inquiétude palpable pour les filières bovine et équine. Les signalements à Désaignes (bovins) et Saint-Remèze (équins), bien que non formellement attribués au loup, traduisent une vulnérabilité potentielle des troupeaux de plus grand gabarit, souvent moins protégés que les ovins (absence de chiens de protection, clôtures simples). L'adaptation du comportement de prédation du loup vers les bovins (veaux isolés) est une crainte majeure des syndicats agricoles ardéchois, le département étant une terre d'élevage bovin viande et lait importante.
Face à l'évolution de la menace, l'État a dû adapter sa réponse administrative. L'année 2025 constitue une année charnière dans l'application du nouveau Plan National d'Actions (PNA) 2024-2029 sur le loup et les activités d'élevage, avec une révision profonde du zonage de protection.
Le dispositif d'aide à la protection des troupeaux repose sur un découpage géographique en "cercles", défini par arrêté préfectoral annuel. L'arrêté du 18 juin 2025 a entériné une extension massive des zones éligibles, reconnaissant de facto que le loup est désormais une composante structurelle de l'environnement ardéchois.
Cercle 1 : La Zone de Front (7 Communes)
Ce cercle regroupe les territoires où la prédation est avérée et récurrente (au moins une attaque constatée au cours des deux dernières années). Pour 2025, il se concentre sur deux noyaux durs :
Communes concernées : Berzème, Darbres, Freyssenet, Montselgues, Rochessauve, Saint-Gineys-en-Coiron, et Sainte-Marguerite-Lafigère.
Mesures associées : C'est le niveau de soutien maximal. Les éleveurs peuvent bénéficier de financements (80 à 100 %) pour l'ensemble des moyens de protection : clôtures électrifiées renforcées, achat et entretien de chiens de protection (Patous), analyse de vulnérabilité, et surtout le gardiennage renforcé (financement de bergers d'appui).
Cercle 2 : La Zone de Prévention (223 Communes)
C'est l'évolution la plus spectaculaire de 2025. Le passage à 223 communes en Cercle 2 témoigne d'une stratégie d'anticipation. Ce cercle couvre les zones où des actions de prévention sont jugées nécessaires du fait de la survenue possible de la prédation.
Extension géographique : L'élargissement a inclus en 2025 des communes structurantes du Haut-Vivarais et de la vallée de l'Eyrieux telles qu'Accons, Beauvène, Lalouvesc, Lamastre, Le Cheylard, Rochepaule, Saint-André-en-Vivarais, Saint-Barthélémy-le-Meil, Saint-Basile, Saint-Christol, Saint-Julien-Vocance, Saint-Michel-d'Aurance, Saint-Pierre-sur-Doux et Saint-Symphorien-de-Mahun.
Stratégie : L'objectif est d'équiper les élevages en moyens de protection "lourds" (chiens, parcs électrifiés) avant que les attaques ne deviennent systématiques, pour éviter l'effet de surprise dévastateur connu dans les Alpes il y a vingt ans.
Cercle 3 : L'Arrière-Garde (105 Communes)
Le reste du département est classé en Cercle 3. Ce niveau permet de maintenir une veille et de financer l'entretien des chiens de protection existants ou l'équipement des éleveurs volontaires anticipant la menace, sans que le risque soit jugé imminent par l'administration.
La mise en œuvre opérationnelle de ces aides passe par des appels à projets annuels gérés via la plateforme de téléservice SAFRAN. Pour la campagne 2025, le guichet était ouvert du 22 janvier au 31 juillet 2025. Cette procédure administrative, bien que nécessaire, est souvent critiquée pour sa lourdeur et sa rigidité (délais de paiement, complexité des dossiers) par les syndicats agricoles. L'obligation de renouveler la demande chaque année pèse sur la charge administrative des exploitations.
Le volet "défense" du Plan Loup est sans doute le plus sensible. Il est régi par un cadre national strict mais adapté localement par le Préfet de l'Ardèche.
Le Cadre Réglementaire des Tirs en 2025
En 2025, le plafond national de prélèvement de loups a été maintenu à 19 % de l'effectif estimé, soit un potentiel d'environ 209 loups pouvant être abattus légalement en France. En Ardèche, le protocole se décline principalement sous la forme de Tirs de Défense Simple (TDS).
Conditions d'éligibilité : Pour obtenir une autorisation de TDS, un éleveur doit généralement justifier de la mise en place de mesures de protection (clôtures, chiens) et avoir subi une attaque ou se trouver dans une zone de risque immédiat.
Assouplissement pour les Bovins : L'arrêté ministériel du 7 février 2025 a introduit une modification importante pour les éleveurs bovins. Reconnaissant la difficulté de protéger les troupeaux bovins avec des filets électrifiés classiques, l'arrêté permet désormais de délivrer des autorisations de tir de défense simple pour une durée maximale de 5 ans (contre 1 an auparavant pour certaines dérogations) dès lors que le troupeau est reconnu non protégeable ou exposé, sans exiger le même niveau de protection que pour les ovins.
Mise en Œuvre et Résultats
Des opérations de tirs de défense ont été autorisées et menées en 2025, notamment sur les secteurs les plus touchés comme Montselgues. Ces opérations sont réalisées soit par les éleveurs détenteurs du permis de chasse, soit, plus fréquemment, par les Lieutenants de Louveterie mobilisés par la DDT. Bien que le nombre exact de loups "prélevés" (tués) spécifiquement en Ardèche soit comptabilisé dans le quota régional Auvergne-Rhône-Alpes et rarement communiqué isolément en temps réel pour éviter les troubles à l'ordre public, l'efficacité de ces tirs reste un sujet de débat. Les syndicats (FDSEA 07) réclament une transition plus rapide vers les "Tirs de Défense Renforcée" (plusieurs tireurs simultanés) voire des tirs de prélèvement (chasse active du loup hors situation d'attaque immédiate), ce que la préfecture accorde avec parcimonie, soumise aux contraintes juridiques européennes.
L'année 2025 en Ardèche ne se résume pas à une série de statistiques de prédation. Elle s'achève dans un climat de tension sociale extrême, où la problématique du loup agit comme un catalyseur de colères agricoles plus larges.
L'impact économique du loup dépasse largement la valeur marchande des bêtes tuées. Un arrêté ministériel du 7 septembre 2025, entré en vigueur le 1er octobre 2025, a révisé les barèmes d'indemnisation des pertes indirectes. Ces pertes incluent le stress du troupeau (baisse de fertilité, avortements, chute de la production laitière) et le surcroît de travail pour l'éleveur. Cependant, les simulations réalisées par la Confédération Paysanne montrent que, paradoxalement, certains montants forfaitaires pour les pertes indirectes sont en baisse avec ce nouveau calcul pour certaines catégories d'animaux. Cette révision administrative a été perçue comme une provocation par le milieu éleveur, renforçant le sentiment d'abandon. La charge mentale, liée à la nécessité d'une vigilance nocturne constante et à la gestion complexe des chiens de protection (conflits d'usage avec les randonneurs et touristes, risque juridique pour l'éleveur en cas de morsure), conduit à un épuisement psychologique documenté chez les éleveurs ardéchois.
La fin de l'année 2025 a vu la colère agricole se cristalliser autour d'un événement majeur : le rassemblement du 8 décembre 2025 devant la préfecture de Privas. Bien que le déclencheur immédiat de cette manifestation ait été la gestion de la crise sanitaire de la Dermatose Nodulaire Contagieuse (DNC) (une maladie virale bovine entraînant des abattages massifs de troupeaux), la question du loup s'est invitée au cœur des revendications dans une logique de "trop-plein".
Le lien Loup-DNC : Pour les syndicats (Confédération Paysanne 07, FDSEA 07, Coordination Rurale 26/07), ces deux crises sont les symptômes d'une même gestion technocratique et déshumanisée de l'agriculture par l'État. Dans le cas du loup comme dans celui de la DNC, l'éleveur se sent dépossédé de son pouvoir de décision sur son troupeau (impossibilité de protéger efficacement ses bêtes contre le loup à cause des lois, obligation d'abattre ses bêtes saines à cause des protocoles sanitaires DNC).
Revendications Syndicales :
La FDSEA 07 et les JA exigent une sortie du statut de protection stricte du loup, demandant que l'espèce soit gérée comme un gibier régulable pour faire baisser la pression de prédation de manière drastique.
La Confédération Paysanne 07 porte une revendication axée sur la défense du pastoralisme : financement intégral des moyens de protection, reconnaissance du statut des chiens de protection, et surtout, que les tirs de défense soient réalisés par les services de l'État (Louveterie, OFB) pour ne pas transformer les éleveurs en chasseurs, rôle qu'ils refusent.
En toile de fond de cette année 2025, se joue une partie décisive à l'échelle européenne : la proposition de la Commission Européenne de réviser le statut du loup dans la Convention de Berne, le faisant passer de "strictement protégé" à "protégé". Cette perspective, soutenue par les syndicats agricoles, est combattue avec véhémence par les associations de protection de la nature (ASPAS, FERUS) très actives en Ardèche.
Position des ONG : L'ASPAS et FERUS multiplient les recours juridiques contre les arrêtés de tirs préfectoraux et mènent des campagnes de sensibilisation, arguant que les effectifs (1 082 loups) ne justifient pas un affaiblissement de la protection et que les méthodes létales sont inefficaces voire contre-productives (éclatement des meutes augmentant la prédation erratique).
Actions de Terrain : FERUS poursuit ses programmes de bénévolat (PastoraLoup) en Ardèche pour aider à la surveillance des troupeaux, tentant de démontrer par l'exemple que la cohabitation est possible par la présence humaine.
Au terme de l'année 2025, la situation du loup en Ardèche apparaît comme un conflit bloqué, où la biologie de l'espèce et la sociologie du territoire entrent en collision frontale. L'espèce a réussi son pari biologique : elle a colonisé durablement le département, structuré des territoires sur le Coiron et la Montagne, et utilise le réseau hydrographique pour disperser ses subadultes. La pression de prédation ne se dément pas et s'étend géographiquement.
La réponse publique, matérialisée par le Plan Loup, a suivi cette expansion par une inflation réglementaire et surfacique (223 communes en cercle 2), tentant de courir après la biologie du prédateur. Mais cette réponse technique, centrée sur la protection passive et l'indemnisation, ne parvient plus à endiguer le malaise social. La convergence des colères en fin d'année 2025 montre que le loup est devenu le symbole d'une rupture de confiance entre le monde rural ardéchois et l'administration centrale.
L'année 2026 s'annonce décisive. Elle dépendra largement de l'issue du débat européen sur le statut de l'espèce. Un déclassement ouvrirait la voie à une régulation plus offensive réclamée par les éleveurs, mais déclencherait assurément une guérilla juridique avec les associations environnementales. Dans l'attente, l'Ardèche reste un territoire sous tension, où chaque attaque ravive les plaies d'un pastoralisme qui se sent menacé dans son existence même.
Indicateur
Données 2024 (Consolidé)
Données 2025 (Estimé/Partiel au 27/10)
Tendance Observée
Population Nationale (Estim.)
1 013 individus
1 082 individus
↗ Stabilisation nationale, hausse locale
Constats "Loup non écarté" (07)
16 constats
> 20 constats (Projection fin d'année)
↗ Hausse de la pression
Victimes indemnisées (07)
42 animaux
Données en cours de consolidation
↗ Hausse probable
Communes en Cercle 1
-
7 communes (Cœur de prédation)
Concentration spatiale
Communes en Cercle 2
-
223 communes
↗ Extension massive de la zone de vigilance
Contexte Social
Tensions latentes
Crise ouverte (Manif. 8 déc. Privas)
↗ Dégradation marquée
Sources : Données DDT 07 , Rapports OFB , Préfecture de l'Ardèche.
benim için ardeche bölgesindeki kurtlar hakkında d.pdf
auvergne-rhone-alpes.developpement-durable.gouv.fr
RAPPORT D'ACTIVITÉ - DREAL Auvergne-Rhône-Alpes - Ministère de la Transition écologique
Mesure de protection des troupeaux contre le loup - Ardèche gouv
Une seule attaque de loup dans le Puy-de-Dôme en 2025 mais beaucoup inexpliquées
Une nouvelle attaque de loup à Montselgues - Avenir agricole de l'Ardèche
Bilan 2025 des attaques sur troupeaux domestiques en Ardèche mis à jour au 11/04/2025
Bilan 2024 des attaques sur troupeaux domestiques en Ardèche mis à jour au 28/06/2024
pna-loup.developpement-durable.gouv.fr
Bilan à fin décembre 2024 - Loup
la préfète de l'Ardèche veut « montrer au loup qu'il n'est pas le bienvenu » - YouTube
ardeche.chambres-agriculture.fr
Protéger son troupeau contre la prédation du loup - Chambre d'agriculture de l'Ardèche
pna-loup.developpement-durable.gouv.fr
Suivi de la mise en œuvre du protocole d'intervention 2025 - Loup
Prédation – Loups | Confédération Paysanne Ardèche
DNC: Lecture Communiqué presse Conf07 - Mob Privas 08/12 - YouTube
Conf' Ardèche | Confédération Paysanne Ardèche
Loups, ours et élevages - Confédération paysanne
Espèce loup : l'urgence est de protéger les troupeaux de la prédation
Déclassement du loup en France : AVIS DÉFAVORABLE - ASPAS